Immerger le public dans un écosystème riche mais fragile
Le projet de paysage propose aux visiteurs de découvrir le lieu selon quatre grandes séquences menant progressivement d’un espace routier — une voie en béton héritée de la Seconde Guerre mondiale — en passant par un espace de nature riche et fragile — le marais audomarois — jusqu’à un édifice patrimonial — l’ancien moulin d’exhaure. C’est cette scansion de la découverte du marais qui incite chacun à prêter attention à ses richesses, qu’elles soient naturelles ou culturelles.
Tout commence sur l’ancienne piste en béton, initialement dédiée au décollage d’avions militaires. Plutôt que de la détruire, nous la reconvertissons partiellement en parking. Ses caractères — texture grossière du béton, trame de large joints enherbés, présence de vastes surfaces embroussaillés — sont mis en valeur. Un simple nettoyage, quelques mobiliers en bois et la mise en défens des espaces de nature suffisent à en faire un parking efficace, sans que l’histoire du lieu ne soit effacée.
S’ensuivent la traversée des prairies via les chemins agricoles, la découverte de l’architecture de la ferme, puis, enfin, le marais, qu’on parcourt via une passerelle de 154m de long, toute en chêne et robinier. Sa géométrie adopte la trame de l’immense réseau de wateringues du marais. Le visiteur est alors guidé jusqu'au moulin tout en dominant légèrement le paysage.
Transformer le moulin en observatoire
Consolidé et protégé avec une nouvelle toiture, donc pérennisé, l’ancien moulin est transformé en observatoire du paysage du marais : les huit baies du moulin sont équipées de miroirs disposés à 45° pour renvoyer la lumière, donc l’image du paysage, jusqu’au rez-de-chaussée. Le visiteur n’a donc qu’à lever la tête pour admirer le marais, comme s’il était perché sur le moulin - à moins qu'il ne préfère emprunter l'escalier hélicoïdal qui le mènera jusqu'au belvédère sommital, sous le toit.